Hydrogène vert : la genèse de la filière française

L’hydrogène vert s’annonce comme un des leviers les plus prometteurs de la transition écologique. L’Allemagne a annoncé une dépense de 9 milliards d’euros pour développer la filière au printemps dernier. Dans ses pas, la France a décidé de lui consacrer 7 milliards sur les dix prochaines années. Objectif, éviter à terme le rejet de 250 000 tonnes de CO2 par an.

L’hydrogène vert, levier important de la neutralité carbone

L’hydrogène apparaît comme l’alternative par excellence aux carburants polluants. Pourquoi ? Simplement parce qu’il peut être produit sans énergies fossiles, à partir d’électricité renouvelable. Plus question d’utiliser du gaz naturel ; il est désormais majoritairement issu de l’électrolyse de l’eau. Le procédé est propre aboutissant en effet à de l’hydrogène vert qui ne génère aucune émission de CO2 en phase de production, comme lors de son utilisation.

Il offre un potentiel donc d’alimentation durable pour toutes sortes de batteries, et donc de véhicules. Voitures, bus, trains et même, bateaux ou avions comme l’a promis Airbus pour 2035 (lien*)… Les applications prometteuses sont nombreuses pour ce carburant de demain. Philippe Boucly, président de l’ancienne AFHYPAC (association française pour l’hydrogène et les piles à combustible) récemment rebaptisée France Hydrogène, l’organisme de promotion national de la filière, voit sa capacité multipliée par 1 000 en 2030, ce qui devrait permettre « à la fois de décarboner tous les segments de l’économie, mais également de faciliter l’intégration des énergies renouvelables dans le système énergétique ». Un espoir tangible dans la lutte pour le changement climatique !

La genèse de la filière française

Dans son plan de relance, le gouvernement français s’est clairement engagé pour un investissement massif dans la recherche et dans la production d’hydrogène vert. Les projets industriels se développent parallèlement, à l’instar de ceux d’Air Liquide, acteur mondial du gaz industriel.

Si l’entreprise française s’apprête à développer le plus grand centre de production d’hydrogène vert jamais réalisé au Canada, elle mise également sur H2V Normandy, jeune entreprise hexagonale du secteur. Celle-ci projette le lancement d’une usine de production d’hydrogène vert par électrolyse entre le Havre et Rouen. RTE, gestionnaire du réseau de transport d’électricité, soutient H2V Normandy pour le raccordement électrique de l’exploitation. Le projet vise à éviter l’émission de 250 000 tonnes de CO2 chaque année.

A signaler aussi, Total et Engie sont à l’initiative conjointe du projet MassHylia, qui constituera à terme le plus grand site de production d’hydrogène vert 100% renouvelable sur le sol français. Implanté à Chateauneuf-les-Martigues d’ici trois ans, l’électrolyseur devrait produire jusqu’à 15 tonnes d’hydrogène vert quotidiennes. Il alimentera dans un premier temps la bioraffinerie Total de la Mède à partir d’une électricité issue de centrales photovoltaïques locales.

Vers un encadrement réglementaire

Pour soutenir le développement de la filière en France, le gouvernement vient de lancer un projet d’ordonnance visant à garantir la « traçabilité de l’hydrogène renouvelable et bas carbone ». Une consultation est en cours jusqu’au 2 février prochain.

*Lien interne vers « L’hydrogène, carburant vert des avions de demain

** Lien externe : http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-d-ordonnance-relative-a-l-hydrogene-prise-a2285.html

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